Écrire
[Composer] : mettre en sons des rêves qui sont aussi des héritages.
[Arranger] : apporter des éléments de créativité propre à des œuvres existantes. Dans un cas comme dans l’autre, écrire, c’est entendre, et c’est transformer
C’EST TRANSFORMER,
INTERPRÉTER,
C’EST COMPARER »
[X. GAGNEPAIN]
Lire la musique donne à sentir et entendre (au sens de comprendre) les rouages de la composition. L’improvisation prend une très grande part dans cette stimulation de l’oreille : au départ, un duo de Bartok auquel on tente d’ajouter une 3e voix, puis des tentatives naïves de composition, puis quelques rudiments d’harmonie et de contrepoint, puis les classes théoriques et la découverte de l’analyse, puis le grand bain du Quatuor à cordes qui impose l’équilibre et exige l’essentiel. D’arrangements jetés sur le papier dans l’enthousiasme des premiers concerts pour offrir des BIS de concert insolites, en passant par des thèmes de jazz ou de pop dont les arrangements sont entièrement oraux, on reçoit une première commande par Christoph Altstaedt et viennent alors frapper au tympan, dans l’ivresse de cette confiance et d’une légitimité encore improbable, les sources les plus aimées : comme l’explique H.Dutilleux, lorsqu’on débute mieux vaut écrire dans le style des anciens que s’obliger à ouvrir des voies nouvelles, souvent sans issue. De cet opus 1 dont la maturation dure plus de 3 ans s’ensuivent une quinzaine d’œuvres, le tout alors que l’activité d’arrangement est devenue très régulière. Les collaborations de plus en plus fréquentes avec des compositrices et compositeurs de notre temps élargissent la jungle des possibles. La nomination comme artiste-associé de la Fondation Singer-Polignac étend ces précieux liens d’inspiration. Parallèlement, les aventures des Forces Majeures, dans des effectifs adaptés à l’itinérance, ouvrent grand les portes de la réécriture.