Diriger

Depuis 1997, un virus, une passion, un questionnement, une lucarne vers un autre monde. Depuis 2023, un centre de gravité et une source intarissable d’apprentissage.

Les forces majeures

« De la grande musique de chambre » : oxymore plaisant qui sonne comme un idéal, où le nombre n’entrave pas la liberté de jeu. L’interplay, théorisé par le pianiste Bill Evans qui évoquait le fait d’improviser à plusieurs dans une relation d’interactivité-et donc d’interdépendance-a servi de guide pour la création de cet orchestre qui a donné des résultats très spectaculaires dès sa première rencontre : composé de quartettistes de métier (membres des quatuors Ebène, Belcea, Voce, Varèse, Zaïde, Hanson, etc…), d’un quintette à vent de premier plan (Aquilon), le réflexe de musicien de chambre, émetteur-récepteur, jamais suiveur, jamais leader, mais toujours co-producteur, a fait miracle. Par la suite, l’autre miracle de cette aventure s’est révélé lors des premières grandes tournées à vélo, où le travail harassant de porter la musique symphonique en équipe réduite dans des zones reculées et pour des publics insolites nous a offert le meilleur des retours : un vent de découverte, rendu euphorisant par les kilomètres arpentés ensemble entre chaque concert. Aujourd’hui l’ensemble se spécialise dans la polyvalence : les programmes regroupent classique, création et jazz, et les musicien.ne.s et le staff des Forces Majeures n’ont pas fini de découvrir et livrer toutes leurs facettes.

ORCHESTRE DE CHAMBRE
NOUVELLE-AQUITAINE
Après un quart de siècle sous la direction du pianiste J-F Heisser, l’OCNA est devenu un vaisseau de fraternité, une équipe généreuse et déterminée à porter une mission très vaste. Ici l’excellence s’entend sur la scène et se mesure à l’étendue des campagnes traversées; le territoire de la Nouvelle-Aquitaine, grand comme l’Autriche -depuis le port d’attache du TAP de Poitiers- accueille des concerts en grand format qui font la part belle à la création et à la nouveauté, et disposent d’une grande expérience de médiation culturelle. Dès la première rencontre, le plaisir de se surpasser tous ensemble dans le travail était palpable, et l’on a trouvé récompense à l’écoute des écoliers de Marennes-Oléron chantant le thème des Variations Rococo avec des paroles délicieuses, avant le tout premier concert. Comment ne pas succomber à un tel élan de partage du beau ? Tout le long des côtes atlantiques et dans les terres poitevines, limousines, et bordelaises, un chapitre s’ouvre.
ORCHESTRE DE CHAMBRE
DE GENÈVE

À la tête de l’OCG, il s’agit avant toutd’offrir un parcours dans la ville, d’agirau coeur de la cité, y insufflant la passionet le goût de cheminer entre les arts.Le stimulus de chaque instant-pas unesemaine sans une nouvelle production-découle des enjeux de programmation :l’OCG ville ne peut pas se permettre dese répéter, il s’agit d’entraîner les abonnéset un public toujours plus divers sur unchemin enrichissant, avec anticipationet diversité. Chacun.e des 37 titulairesde l’OCG est parfaitement conscient duprivilège qui est le sien, ce qui se ressentdans la constance et la pertinence despropositions et l’intensité du jeu. Genèvebouge et grandit, l’Orchestre dépasse sonrépertoire de prédilection, mais sait aussirevenir à la source, l’effectif de l’Orchestre« Mozart » le lieu de naissance del’orchestre de la révolution française quis’affranchit du continuo, où chacun porteune voix égale : en quelque sorte, c’est lecousin direct du quatuor à cordes, c’est leberceau musical de la société moderne.

PROCHAINES INVITATIONS

[→] AGENDA

La direction d’orchestre est une pratique hors du commun, qui a fait couler beaucoup d’encre, qui demeure un grand point d’interrogation. Les chef.fe.s dirigent, conduisent, entraînent, fédérent, convainquent, défendent, inspirent. Ils abordent, affrontent, provoquent, s’exposent, assument, se corrigent, persévèrent. C’est un métier intense, dont la pratique à temps plein peut décourager, ou devenir indispensable : depuis ce rôle de médiateur, on n’agit que pour créer le meilleur espace d’expression possible pour les autres : et seul, on ne fait rien.
Les collaborations entre chef.fe.s et orchestres sont parfois sans lendemain, parfois suivies sur des décennies. Les liens qui se nouent trouvent dans l’acte musical une sorte de sommet de communication. Le public, son expérience, ses éventuels retours, sont un résultat bien complexe à analyser et à démontrer. L’étincelle jaillit toujours quelque part, finalement. Mais où ? Quand ? Pourquoi ? Les mots sont imprécis, et la musique qui est avant tout l’art du temps, s’est déjà dérobée à cette réflexion, portant ses phénomènes vers un futur (ou un ailleurs) qu’on ne peut retenir.